EM/SFC : les vésicules extracellulaires pourraient révéler de nouveaux biomarqueurs
Une nouvelle piste de biomarqueurs dans l’EM/SFC : les vésicules extracellulaires
Équipe de la Charité – Berlin (Carmen Scheibenbogen)
Cette étude s’inscrit dans un objectif central de la recherche sur l’encéphalomyélite myalgique / syndrome de fatigue chronique (EM/SFC) : identifier des biomarqueurs mesurables dans le sang, afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques de la maladie et d’améliorer le diagnostic.
Pour cela, les chercheurs se sont intéressés à un élément encore peu exploré dans l’EM/SFC : les vésicules extracellulaires présentes dans le plasma sanguin.
Que sont les vésicules extracellulaires ?
Les cellules de notre corps libèrent en permanence de minuscules particules entourées d’une membrane, appelées vésicules extracellulaires.
Ces vésicules contiennent différentes molécules provenant de la cellule qui les a produites, notamment des protéines, de l’ARN et des microARN (miRNA).
Elles circulent dans le sang et participent à une forme de communication biologique entre les cellules.
Parce qu’elles transportent des molécules issues des cellules, les vésicules extracellulaires peuvent aussi refléter l’état physiologique ou pathologique de l’organisme. C’est pourquoi elles intéressent de plus en plus les chercheurs : elles pourraient servir de traceurs biologiques de certaines maladies.
Ce que l’équipe de recherche a voulu étudier

Cette figure illustre les différentes étapes de l’analyse des vésicules extracellulaires dans le plasma sanguin, depuis leur isolation jusqu’à l’identification et la validation de biomarqueurs potentiels.
Note. Adapté de Scheibenbogen et al. (2026).
Les chercheurs ont isolé les vésicules extracellulaires présentes dans le plasma sanguin, puis ont analysé leur contenu moléculaire, notamment les protéines et les microARN (miRNA).
L’objectif était de déterminer si les personnes atteintes d’EM/SFC présentent une signature moléculaire spécifique dans ces vésicules, différente de celle observée chez des personnes en bonne santé.
L’étude portait sur 10 femmes atteintes d’EM/SFC post-infectieuse, incluant des cas post-COVID et d’autres infections, comparées à 10 femmes témoins en bonne santé.
Ce que l’étude montre
Les chercheurs ont identifié plusieurs différences dans le contenu des vésicules extracellulaires des patients par rapport aux témoins.
Certaines protéines présentes dans ces vésicules diffèrent entre patients et personnes en bonne santé.
De même, certains microARN (miRNA) montrent des profils spécifiques chez les patients.
Les chercheurs ont notamment observé une diminution d’un microARN appelé let-7b-5p, dont les niveaux semblent associés à la sévérité de certains symptômes.
Ces résultats suggèrent que les vésicules extracellulaires pourraient refléter des altérations de plusieurs processus biologiques impliqués dans l’EM/SFC, notamment la régulation immunitaire, les processus inflammatoires et la communication entre cellules.
En d’autres termes, les vésicules extracellulaires semblent transporter des signatures biologiques associées à la maladie.
Ce que ces résultats suggèrent
Ces travaux suggèrent que les vésicules extracellulaires pourraient devenir une nouvelle source potentielle de biomarqueurs sanguins pour l’EM/SFC.
L’analyse de leur contenu moléculaire pourrait contribuer à mieux caractériser les mécanismes biologiques de la maladie, identifier des signatures biologiques mesurables et améliorer à terme le diagnostic ou la classification des patients.
Les limites de l’étude
Cette étude reste exploratoire et repose sur un nombre limité de participants.
L’échantillon étudié étant relativement petit, les résultats devront être confirmés dans des cohortes plus larges.
Pourquoi cette étude est intéressante
Même si elle reste préliminaire, cette recherche montre que le sang des patients atteints d’EM/SFC contient des signatures biologiques détectables.
Elle s’inscrit dans une tendance actuelle de la recherche : analyser de manière de plus en plus fine les molécules circulant dans le sang afin d’identifier des biomarqueurs objectifs de la maladie.
Les vésicules extracellulaires pourraient ainsi devenir un nouvel outil de recherche pour mieux comprendre l’EM/SFC.
Référence scientifique
Scheibenbogen, C., et al. (2026). Extracellular vesicle protein and miRNA signatures as biomarkers for post-infectious ME/CFS patients. International Journal of Molecular Sciences, 27(5), 2314. https://doi.org/10.3390/ijms27052314